L’arrivée de la Tomate à Marmande

La Tomate de Marmande s’implante progressivement dans le Lot-et-Garonne dès la seconde moitié du XIXᵉ siècle. Initialement culture d’appoint, elle devient vitale pour de nombreuses familles lors de la crise du phylloxera, remplaçant la vigne et assurant un revenu. La région se spécialise dans la tomate tardive, destinée principalement à la vente sur les marchés, tandis que les fruits moins beaux sont transformés en conserve.

À la fin du XIXᵉ siècle, un commerce d’expédition via chemin de fer vers Paris et d’autres grandes villes se développe, l’Angleterre devenant le principal marché. Les exploitations s’agrandissent dans la vallée de la Garonne et ses coteaux, avec un début de spécialisation pour la tomate industrielle.

Le XXᵉ siècle : une filière en mutation

Au début du XXᵉ siècle, la production s’étend à de nombreuses communes autour de Marmande, et de nombreuses conserveries voient le jour le long des rivières pour utiliser l’eau dans le processus de transformation.

Après la Première Guerre mondiale, la fermeture des frontières et la concurrence méditerranéenne provoquent une crise. Les producteurs s’organisent alors en coopératives locales pour mieux gérer l’acheminement et défendre leurs intérêts. Après la Seconde Guerre mondiale, la production se spécialise entre tomates fraîches et tomates industrielles, avec des variétés adaptées à chaque usage.

La structuration de la filière

L’introduction du marché au cadran en 1975 marque un tournant : il fixe un prix minimum et encourage la qualité. Aujourd’hui, des coopératives comme Valprim, Les Perrinots, Cadralbret et Vallée du Lot structurent la filière et assurent la majorité de la commercialisation de la tomate fraîche. Pour l’industrie, seules deux usines subsistent (Marmande et Bergerac), coordonnées par la coopérative Terres du Sud.

Une légende romantique : la pomme d’amour

La tomate est aussi entourée de légendes locales : celle de Ferline et Peyrot raconte comment le jeune homme, parti en Amérique, rapporte à Marmande des graines de tomate. En souvenir de sa bien-aimée, il nomme ce fruit « Ferline », avant que celle-ci ne baptise le fruit « pomme d’amour ».

Les origines

La tomate, fruit-légume originaire des Andes, arrive en Europe au XIXᵉ siècle et séduit rapidement les jardiniers marmandais, passant de curiosité ornementale à culture emblématique de la région.